[Et voilà, comme promis, la nouvelle version ! ^^ Plus gore... j'avais prévenu !
J'espère que vous la trouverez mieux que l'ancienne]
La lourde porte en bois s'ouvrit à la volée. Un homme immensément grand à la peau hâlée, avec une musculature impressionnante, surhumaine, entra d'un pas décidé. Il tenait par le poignet un jeune homme très mince, presque maigre, et bien plus petit, avec des cheveux aussi noirs que le charbon, un teint pâle et des yeux rouges. Rouges comme le sang. La différence de corpulence entre ces deux personnes était presque comique, tant elle paraissait exagérée. Le garçon protestait vivement, tirait en arrière, essayait d'échapper à l'emprise de l'homme, mais en vain. Son avis importait peu à l'autre, c'était comme une souris qui aurait voulu frapper un chat : c'était peine perdue. Il le fit entrer sans ménagements. Derrière eux, un autre homme suivait. Il était beau, majestueux, charismatique, avec de longs cheveux blonds et soyeux et des prunelles d'un bleu éclatant. Il était comme un rayon de soleil dans cette cave sordide et sans fenêtres. Il ouvrit la bouche, prêt à prendre la parole. Pour couper court à toutes protestations, l'homme baraqué serra la gorge de l'adolescent gesticulant de sa main libre. Le garçon se tut immédiatement et essaya de libérer son cou.
- Bien, enfin nous y sommes arrivés. Tu vois cette salle ? Pas mal de personnes t'y ont précédé. Et aucun ne s'en est échappé. Alors je te conseille vivement de faire ce que je te dis dès que tu peux, c'est d'accord mon petit Keel ? Ca t'évitera des ennuis.
La salle en question était d'assez grande taille, toute en pierre. Elle était éclairée par une multitude de bougies. Il n'y avait pas grand chose, à part une large stèle au milieu, des chaines qui pendaient sur le mur, menaçantes, un établis exhibant divers objets aux formes variées, et plus loin, un siège richement décoré, qui contrastait avec tout le reste. L'homme s'approcha du garçon, qui frémit. Si près que leurs nez étaient à deux millimètres l'un de l'autre.
- Je te le demande donc une dernière fois, avant que ça ne devienne vraiment pénible. Mords-moi, c'est tout. Je sais que ça te ferait plaisir, alors pourquoi tu refuses ?
A ces mots, il lança un regard au géant qui desserra sa poigne, de manière à laisser le garçon parler.
- Crève, bâtard !
Une lueur d'indignation passa dans les yeux de l'homme blond. Il attrapa les cheveux du garçon et les tira violemment en arrière. Il sembla vouloir le frapper, mais il se ravisa. L'homme recula de quelques pas. Il croisa les bras, deux doigts soutenant son menton, l'air indécis.
- Le plus dur, c'est de choisir.
Il claqua des doigts en direction du géant. Celui-ci trimballa Keel en direction d'une table munie d'anneaux et de chaînes, tandis que le garçon se remit à s'agiter. Il l'attacha de force aux poignets et aux chevilles, sourd aux cris de son prisonnier.
- Arrête ça, Merheïst, putain !
Le jeune homme était devenu blême, la terreur se lisait dans ses iris rouge sang. Attaché sur le dos, il devait tordre son cou pour voir l'homme à la chevelure blonde.
- Arrêter ? Tu délires déjà ? Mais nous n'avons même pas commencé...
Puis, il se tourna en direction de son homme de main, et d'une voix lasse, il lui ordonna :
- Casse lui les bras, à ce sale gamin.
Keel cru qu'on lui avait enfoncé un poing dans le ventre. Sa respiration s'accéléra, son corps fut parcouru de soubresauts. Si son c½ur battait encore, il en aurait explosé. Il tira de toutes ses forces sur ses liens, tournant et retournant ses mains dans tous les sens afin de les libérer. Il n'allait pas faire ça ?! Devant lui, le géant s'approchait le sourire aux lèvres, doucement, comme pour en ajouter au supplice du garçon.
- Me touche pas, gorille !!
Son cri avait plus l'air effrayé que réprobateur. La montagne humaine attrapa le bras gauche de Keel, qui était au moins quatre fois moins large que le sien. Elle resserra brusquement sa poigne. L'adolescent écarquilla les yeux. Le tortionnaire serra de plus en plus, sans se soucier des cris que poussait à présent le jeune homme. La pression était insupportable. Enfin, le type pivota ses mains dans le sens contraire l'une de l'autre. Le bras se brisa dans un craquement sinistre. Keel hurla si fort que sa voix en fut coupée. Il lui semblait que son crâne allait exploser. Sa respiration se transforma en un souffle rauque, entrecoupé de gémissements de douleur. L'homme fit le tour de la table. L'adolescent le suivit des yeux, terrifié. Il gesticula de nouveau, mais la douleur que produisit son bras cassé lui arracha un nouveau cri et il cessa de bouger.
- Non, non !
Et si. Le tortionnaire fit de même avec son autre bras. Keel hurla à s'en casser les cordes vocales de nouveau. En associant la force de l'homme avec la maigreur des bras du garçon, on aurait pu les comparer à des brindilles qu'il brisait sans peine. Quelques mètres plus loin, Merheïst sourit joyeusement.
- Et bien, il n'avait jamais eu autant de facilité à faire ça avant. Tu ne m'as pas l'air bien résistant...
Il attrapa une lame qui se trouvait à côté de lui et s'entailla vivement l'index. Du sang dégoulina de la plaie, rouge et chaud. Il s'avança et posa ses doigts sur le torse de l'adolescent, qu'il remonta petit à petit vers sa bouche, laissant de l'hémoglobine sur leur chemin comme l'auraient fait les pas d'une personne dans la neige.
- Je tiens toujours ma proposition. Alors, tu choisis. On s'arrête là, ou on continue ? J'ai tout mon temps.
Keel montra les dents, laissant voir deux canines supérieures extrêmement pointues.
- Hein, monsieur le vampire ?
L'homme à la chevelure blonde porta son doigt sanguinolent à sa bouche, tout en fixant le garçon d'un air malicieux.
- Va te faire foutre !
Keel avait parlé d'une voix faible, comme si le simple fait de prononcer quelques mots lui demandait un effort considérable, mais en crachant les mots de dégoût.
- Bon, je vois. On continue alors. Tu vas payer pour tes insultes.
Merheïst sortit de la pièce sans un regard pour sa victime. Le bourreau l'avait relâché, mais il se tenait à distance, le fixant de ses deux petits yeux noirs, un sourire accroché sur les lèvres. Keel savait qu'il ne pourrait rien faire, mais rien n'était pire que d'abandonner en attendant la fin. Il s'agita, cria à cause de ses deux bras cassés et se laissa retomber mollement. Ces derniers formaient un angle bizarre, comme s'ils avaient un deuxième coude. De belles fractures ouvertes... Le simple fait de les bouger d'un millimètre redoublait sa souffrance. Rien à faire. Comment s'échapper avec ça ?
Le vampire était épuisé. Il ferma les yeux, espérant que ça calmerait la douleur... La porte grinça quelques minutes plus tard, laissant entrer dans la pièce sombre son tortionnaire, suivit d'un autre homme aux longs cheveux gris. Pourtant, son visage n'était pas celui d'un vieil homme. Il affichait un air parfaitement calme mais fatigué, et il jeta un regard en coin à Keel. Merheïst, lui, alla s'asseoir plus loin en soufflant, comme s'il était exténué par les évènements de la journée. Keel fut prit de soubresauts, et gémit de nouveau. Il souffrait le martyr... L'homme aux cheveux ternes posa ses main sur la stèle, à côté de lui. Soudain, une douleur vive se répandit dans son corps entier. Cette douleur était aigüe et sourde à la fois, insupportable, inqualifiable. Le garçon avait l'impression qu'on lui faisait subir plusieurs tortures en même temps. Comme s'il brûlait de l'intérieur, comme si on l'écorchait vif et qu'on le broyait... Mais son corps restait intact, rien ne laissait voir ce qu'il pouvait éprouver à cet instant. Keel n'en croyait pas ses yeux. C'était de la magie, une magie autre que celle qui le maintenait encore en vie, cette magie vitale.... Celle-ci était une magie destructrice, une magie extérieure, une magie maniable... Les sorciers étaient rares, très rares... et dangereusement puissants. Ce dont le vampire faisait l'expérience à l'instant même. Il n'eut pas la volonté de s'interroger sur ce phénomène incroyable plus longtemps. Des larmes se mirent à perler sur son visage. Des larmes de rage, et de souffrance, tout comme les hurlements qu'il poussait à présent. Il aurait préféré mourir à l'instant même que de subir ça encore quelques secondes... Mais Nekros ne s'arrêta pas, et personne ne le tua. Le sortilège continuait de le ronger de l'intérieur, à lui en faire perdre la raison. Le garçon ne voyait plus rien, aveuglé par la douleur, il ne pouvait que hurler et hurler encore.
Après plusieurs minutes interminables, Nekros s'arrêta. Keel laissa retomber sa tête. Il ne parlait plus, son seul souffle saccadé mêlé à des sanglots traduisaient ses émotions. Il ne pouvait plus bouger. Ni les bras, ni les jambes. Cette fois, il en était sûr, c'était fini. C'est alors que Merheïst, silencieux depuis le début, reprit la parole.
- Et ce n'est qu'une infime partie de ce que nous pourrions te faire. Imagine une souffrance cent fois plus grande encore. Cet homme n'aurait aucun mal à faire ça.
Le vampire n'écoutait pas. La seule idée de ce que son corps était à présent retenait ses pensées. Keel était focalisé sur les choses informes qui lui avaient auparavant servit de jambes. Toutefois, Nekros revint vers lui. Il plaqua de nouveaux les mains sur les membres du garçon. Cette fois-ci, la lueur fut bleutée. Le corps du jeune homme se reconstitua au fur et à mesure, ressoudant ses bras, reformant ses jambes, refermant même la moindre coupure qu'il avait sur le corps. Le vampire cessa de respirer. Toutes ses craintes s'étaient envolées. A présent, le seul témoin de la souffrance qu'il avait ressentit était le sang qui avait imbibé ses vêtements et qui dégoulinait sur la pierre. Le magicien se pencha.
- Comme ça, je pourrais recommencer autant de fois que je le voudrais.
Un sourire satisfait s'afficha sur ses lèvres.